Points communs
Les points communs sont nombreux. De nombreux indicateurs de l’ONU se retrouvent dans le projet MONET. Cela s’explique par le fait que la méthodologie du projet MONET recommandant l’usage d’indicateurs déjà existants, nombre d’entre eux ont été puisé dans la liste proposée par la Commission du développement durable de l’ONU. Cela s’explique aussi par la volonté de rechercher une comparabilité entre les systèmes de divers pays.
Au lieu de nous attarder sur les points communs entre les deux systèmes, qui sont forcément redondant car on ne peut pas imaginer des dizaines d’indicateurs différents d’un système à l’autre, il me paraît plus pertinent de se pencher sur les différences et les nuances que l’on peu constater entre le projet MONET et les indicateurs de l’ONU.
Différences
On peut évidemment constater beaucoup de différences entre les deux systèmes. Dans la construction comme dans le choix des indicateurs et la façon de les classer. On voit par exemple que le projet MONET ne comporte pas de dimension institutionnelle. Par contre, bon nombre des indicateurs appartenant à cette dimension dans le système de l’ONU se retrouvent dans le projet MONET.
Plutôt que de faire l’inventaire des indicateurs se différenciant entre les deux systèmes, il m'a paru plus intéressant de me demander ce qui explique ces divergences. On peut remarquer certaines nuances ou légères modifications dans la dénomination de quelques indicateurs. Pour prendre un exemple précis, on peut comparer les deux indicateurs d’espérance de vie. Dans le système de l’ONU, l’intitulé est simplement « espérance de vie ». Dans le projet MONET, l’intitulé est « espérance de vie en bonne santé ». De même, on parle du nombre d’enfants ayant atteint le 5e niveau d’éducation primaire dans le système de l’ONU, alors qu’on parle du niveau de lecture des enfants de 15 ans dans le projet MONET. Ou encore, on trouve dans MONET des indicateurs sur la satisfaction générale concernant les conditions de vie, ce qui n’est pas le cas dans le système de l’ONU.
On constate très clairement que les deux systèmes aspirent à un niveau de développement différent. Si l’on prend un exemple, simpliste au possible certes, mais assez parlant à mon avis, on peut se référer à la pyramide des besoins de Maslow : le système de l’ONU se concentre quasiment exclusivement sur les besoins primaires, alors que le projet MONET donne une part importante aux besoins secondaires. Ce qui conduit à deux approches du développement durable très différentes, quand bien même elles partent de la même définition. L’une se centrant sur les besoins vitaux, l’autre faisant large place à des considérations d’un autre ordre.
C’est là qu’il y a quelque chose de très intéressant à mon avis : dans toutes les méthodologies de construction de système d’indicateurs, il n’est pas du tout fait référence à l’influence de la culture sur cette construction. Mais la comparaison que nous avons effectué nous a permis de voir très clairement à quel point la culture a un rôle crucial dans le choix de très nombreux indicateurs. Par exemple, dans le projet MONET, il y a un indicateur intitulé « Attitude favorable à la santé : activité physique », ce qui renvoie à une conception de la santé très suisse, très occidentale. Ca renvoie aussi à un niveau de développement élevé, chose qui n’est non plus pas prise en compte explicitement dans la construction des systèmes. Bref, on peut voir que la culture est très importante dans la perception des indicateurs et donc dans le choix de les retenir ou non.
En définitive...
Ces constats permettent d’avancer qu’il est très difficile pour une organisation comme l’ONU d’imposer une forme de régulation sociale. Les particularités nationales, géographiques et culturelles ainsi que les disparités dans les niveaux de développement sont trop importants pour que l’ONU puisse véritablement imposer un système économique identique tous les pays.
Par contre, un système élaboré à l’échelon national, tel que le projet MONET, est bien plus efficace. Il est tout à fait en mesure d’exercer une régulation sociale. Ou plutôt, il est en mesure de permettre une régulation sociale. Ce dans la mesure où il prend en compte, même si c’est de manière implicite, la dimension culturelle propre au pays où est mis en œuvre ce projet ainsi que les possibilités de contrôle du développement durable.
lundi 18 décembre 2006
Comparaison projet MONET/CDD-NU
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